L'enclave des rôlistes
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Re: Le jeu des questions.

le Mar 16 Jan - 19:40
Très bon résumé. J'aime bien l'évocation de la ressemblance entre les deux personnages qui apparaissent complètement opposés ^^.
(petite pensée à Aleroth et Gronlin) Smile
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Vieux Baroudeur
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Le jeu des questions.

le Mar 16 Jan - 0:14
Tol'Barad grouillait d'activité. Le duc noir avait relevé bien des cadavres pour en faire des ouvriers de fortune qui remettaient en bon état l'ancien complexe dans les temps. Silumgar tapottait nerveusement de ses griffes la carte de l'île. Oui, tout était comme prévu. Il se leva alors et alla vers une porte en fer qu'il ouvrit. Dans une cellule aussi sombre qu'humide, Joe était enchaîné au mur du fond. A ses côtés, aussi avachis que lui, un squelette jaunis par des années dans ces lieux humides.
"Alors, comment se porte notre oiseau en cage?" Grinça Silumgar en ricanant. Il fit mine de remarquer le squelette. "j'espère que vous aimez votre nouveau compagnon de cellule. Vous n'avez pas idée du mal que j'ai eu à rassembler les os moisis de ce vieux Aleroth." Voyant que Joe n'était pas bavard, le spectre continua d'un ton moins enjoué. "C'était un aristocrate avant. Maintenant voyez où il est... On est pas grand chose au final."

Joe ne répondait pas. Il gardait la tête basse. D'une canalisation percée, de l'eau lui goutait sur les cheveux. Le spectre face à lui le regarda un long moment avant de grogner... et de s'asseoir lourdement à ses côtés. Même dans son état, Joe était mal à l'aise. Les produits chimiques dans lesquels avait eut à baigner l'armure de Silumgar pour leur ôter l'odeur de souffre et de pourriture dégageaient une odeur infecte proche de l'ammoniac. Le spectre parla alors d'une voix bien plus calme, de sa voix éthérée et grave:
"Nous sommes les deux seuls êtres à même de parler sur cette île pour plusieurs semaines, il serait sage que vous parliez un peu." Le mutisme de Joe était affligeant. "Pourquoi ne pas agir comme un homme dont Sarrah aurait été fière?"
L'évocation de sa fille fit craquer Joe. Il fondit brutalement en larme, si brutalement que même Silumgar en fut surpris. L'humain n'en pouvait plus. Il ne supportait plus l'enfermement. Le duc lui proposa d'aller faire un tour à l'air libre et d'en profiter pour faire un jeu. Le prisonnier accepta et, les mains solidement attachées par des chaînes, suivit Silumgar.

Il faisait gris, mais il ne pleuvait plus. Tol'Bard était toujours morne, un vaste amas de boue et d'arbres tors, de marécages et de résidus de civilisation ravagée depuis la Deuxième Guerre qu'on s'échinait à remettre à niveau. Joe avala l'air à grande goulées, heureux d'enfin sentir la brise sur sa peau et de voir autre chose que la lueur sous la porte de fer de sa cellule.
"Que diriez-vous de parler un peu?" Demanda alors Silumgar en commençant à marcher à ses côtés le long de la côte. "Je connais un jeu qui nous distrairais tout deux."
"Allez-y." Finit par répondre Joe.
"Il s'agit du jeu des vérités. Chacun à son tour, nous poserons une question à l'autre qui devra y répondre du mieux qu'il le peut et pas en mentant. A vous l'honneur."
"Avez-vous manipulé ma femme pour tuer Sarrah?" Demanda de bute-en-blanc Joe.
"Non. J'avais parié sur Drake mais il a lamentablement échoué deux fois. A moi? Oui? Bien. Quand avez-vous connu Gleen?"
"Il y a longtemps. On était jeune à l'époque, et rivaux. Et vous, Pourquoi vous faîtes ça? Servir Gleen, toute cette folie à Tol'Barad?"
"Je n'ai guère de choix." Répondit tristement Silumgar. "Je n'ai plus rien en ce monde et Gleen est ma dernière porte de sortie." Le spectre réfléchit un moment avant de demander: "Comment vous et Gleen vous êtes rencontrés?"
"On était tous les deux info-marchands et on a fini rivaux. Hurlevent se reconstruisait et les maisons nobles s'entre-déchiraient déjà..." Joe inspira profondément. "Ma femme était avocate et avait réussi à envoyer pas mal de gens au trou... On a mis un contrat sur sa tête et Gleen s'est empressé de le remplir en me faisant porter le chapeau de sa mort..." Sa voix s'étrangla dans un sanglot. Silumgar laissa son prisonnier respirer et observa les flots gris et maussades qui entouraient l'île. "A vous." Murmura le spectre.
"D'où est-ce que vous venez en fait?"
"D'Alterac... Enfin, c'est compliqué. Je vais vous narrer une histoire, celle des deux sorciers." Et ainsi Joe appris la sombre histoire de la naissance de Silumgar: la haine, la rancœur et la rage d'un homme ayant tout perdu qui avait pris forme. Une histoire triste et sombre qui rappela à Joe une partie de sa propre histoire. "Et vous Joe, combien d'années êtes-vous resté en prison?"
"Je vois pas pourquoi je devrait vous parler de ça..."
"Parce qu'il est mieux de parler et de rester sain d'esprit que de se taire et de devenir fou. Vous vous imaginez à sucer vos chaînes après être devenu fou?" Joe marmonna un juron puis répondit:
"14 ans. J'ai moisi 14 ans dans les geôles de Hurlevent. Dites, comment vous avez rencontré Gleen vous?"
"C'est lui qui était venu à moi. C'était quand... 4 ans? 5? Je ne sais plus." Le spectre se remémora ces belles batailles. "J'étais à la tête d'une armée personnelle, une armée d'élite que j'avais appelé l'Effroyable Légion. Nous étions en conflit avec des orcs du clan Loup-de-Givre et une bande de zélotes hypocrites appelés la Dernières Garde. Gleen nous avait proposé des information pour les frapper avec précision en échange d'or. J'en avait à l'époque, et je dois avouer qu'il nous avait bien aidé. Puis il nous a trahit pour gagner aussi de l'argent du côté des Loups-de-Givre. Mes compagnons et moi-même ne nous sommes échappés d'Orgrimmar qu'après une très dure bataille."
"Mais pourquoi vous servez Gleen alors? Il vous a trahit! Il vous trahira à nouveau."
"Je ne le sais pas vraiment. Ici je ne peux proposer que des hypothèses. Gleen sait que je suis un militaire compétent qui a mené avec brio des campagnes contre des ennemis plus nombreux et plus fort. Il sait aussi que je suis une liche qui a de grandes connaissances en nécromancie et en magie mentale. Peut-être a-t-il simplement besoin d'un général pour ses armées. Ou d'une arme de terreur vu que je suis plutôt renommé et connu pour être un vrai monstre. Ou alors il a des craintes vis-à-vis de ses enfants... Sincèrement je l'ignore. Et vous, je me demandais: pourquoi ne pas être allé chercher Sarrah à votre sortie de prison."

Joe prit beaucoup de temps à répondre, et sa voix était chargée d'émotion. "Je... j'aimais sa mère... Je l'aimais... Mais j'avais peur qu'elle me repousse en croyant que j'avais tué sa mère... Elle avait 17 ans à ma sortie."
"Je vois... Silumgar laissa à son prisonnier le temps de se calmer et s'assit sur une vieille souche.
"Dites-moi Silumgar..." Commença Joe. "Ou sont vos amis? Votre famille? Vos alliés? Vous étiez craint et puissant, et vous finissez à servir un criminel comme Gleen." Ce coup-ci, ce fut le tour du spectre de soupirer.
"A l'époque de l'Effroyable Légion, j'avais une 'famille', des amis sur qui je pouvais compter. Il y avait un orc qui avait gagné ma confiance et mon respect, un gobelin que je voyais presque comme un fils et même un elfe... A l'époque, nous avions tenté d'aller en Outreterre pour monter une armée d'invasion avec tous les cadavres du lointain Auchindoun. Hélas, les Loups-de-Givre et leurs amis de la Dernière Garde nous ont empêché et m'ont défait. Les survivants de l'Effroyable Légion se sont rendu et certain qui n'avaient pas disparu dans la campagne ont formé un ordre de chevalerie: Orzhova." Les chevaliers s'étaient ensuite alliés avec leurs anciens ennemis, officiellement pour se purifier mais Silumgar n'y avait jamais cru: il connaissait trop bien ses compagnons. Orzhova et ses alliés avaient combattu une incursion démoniaque sur l'île même de Tol'Barad, bien que la victoire n'avait été arrachée que parce qu'ils avaient au finale ressuscité Silumgar. Le spectre avait pris le contrôle de l'ordre peu après mais la garde avait fait pression pour qu'il parte avant de pouvoir fonder une nouvelle Effroyable Légion. Au final, l'ordre avait été pour ainsi dire exterminé. "Ils ont tué ce soir là certains de mes amis et des êtres que j'avais appris à profondément respecter." Conclut Silumgar avant de fracasser la souche d'un seul coup d'une de ses épées. "Je les ai vengé du mieux que j'ai pu." La rage du spectre était palpable, mais il se calma rapidement.
"Je vois." Murmura Joe."A vous."
"De quoi a peur Gleen?"

La question désarçonna Joe. Il n'en avait pas les mots pour le dire, mais essaya. Gleen n'était plus du monde des vivant, et tout son pouvoir à l'époque venait de son nom et de sa renommée. Il avait toujours cherché la perte de son humanité pour parfaitement réfléchir selon des statistiques et des calculs de probabilités savants, et cette non-vie avait eu le prix de sa plus grande arme. De plus, Gleen avait toujours travaillé seul. Silumgar commença alors à réaliser que si les enfants de Gleen voyaient sa faiblesse, ils cesseraient de le servir, avec les résultats qu'il avait appris avec le cas de la Corneille. C'était une information qui n'était pas entrée dans l'oreille d'un sourd... Ce fut à ce moment que le geolier et le prisonnier comprirent qu'il était temps de rentrer au Trou.
"Dites-moi Joe?"
"Oui?"
"Que diriez-vous de manger du canard et d'avoir un vrai lit ou dormir?" La question avait de quoi surprendre. L'humaine n'hésita pas longtemps.
"C'est une proposition intéressante."
"N'oubliez pas une chose cependant: la mort n'est pas une libération. Quoi que vous fassiez, rien ne vous libèrera, malgré le nouveau confort que vous pourrez gagner."
"Je n'ai plus envie de mourir ni d'aimer." Répondit calmement Joe. "Je ne veux que me venger de ceux qui m'auront fait souffrir."
"Bien. Ce soir vous aurez un repas de roi." Conclut Silumgar en tendant sa main griffue. Joe la saisit et, tout en la secouant, sentit un affreux frisson lui glisser de la nuque au bassin le long de l'échine.
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