L'enclave des rôlistes
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Vieux Baroudeur
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En l'attente d'un Joe...

le Lun 26 Mar - 21:47
Les cadavres brûlaient. Une chance que l’accalmie dans ce temps exécrable ait permis à la chevalière de rassembler les cadavres des assaillants de la veille pour les couvrir d'huile et leur mettre feu. Sous la pluie fine qui tombait, la fumée et l'odeur de la chair brûlée se mêlait à celle de la nature mouillée. La baie des contrebandiers était silencieuse. La navire était solidement amarré au quais secret, mais le canal naturel était obstrué par une épave. Il faudrait draguer certaines de ses parties avant de prendre la mer. Pas de nouvelles de Joe non plus, hélas. Quant aux deux elfes, rien à dire. ou plutôt, ils ne disaient rien. Après la mêlée, ils s'étaient éloignés pendant que Sarlia s'occupait des carcasses et étaient revenu tard, Keina couverte de bleus et avec une cruelle morsure au bras. La chevalière morte-vivante contempla un moment les cadavres brûler avant de parler:
"Ils sont bien tous morts Pharilas? Pas un qui aurait filé?" L'elfe de la nuit était sous la tente la plus proche, observant les corps en flammes. Keina était quant à elle perchée sur un rocher à l'écart, contemplant l'horizon gris.
"Normalement oui..." Répondit de sa voix calme Pharilas.
"On a intérêt, sinon ma couverture est foutue." Presque instinctivement, elle cacha son visage avec la capuche de son manteau noir brodé d'argent.
"Ca ira je pense." Voulut rassurer l'ancien illidari.
"Quoi d'autre?" S'enquit la deux fois née.
"J'ai observé les nagas toute la nuit. Ils n'ont pas arrêté de bouger, mais très discrètement."
"Il faudra veiller à ce qu'eux aussi ne soient pas un problème." Maugréa la chevalière. Sous sa capuche, on ne voyait que des ombres et deux lueurs écarlates. L'elfe de la nuit se racla la gorge et demanda:
"Au fait... Dites-moi petite dame, mais y aurait-il un moyen pour vous donner un air... heu... Une apparence plus... Humaine? Plus vivante?"
Sarlia réfléchit un moment avant de répondre: "Les seules rumeurs que je connaissent tendraient à dire que je devrais devenir une chevalière de la mort."
"Une chevalière de la Mort? N'est-ce pas trop risqué?"
"Je l'ignore. Et en plus, il me faudrait une val'kyr, et je crains que Sylvanas en ait le monopole."
"Sylvanas..." Marmonna Pharilas.
"Sinon, il y a les rumeurs du Tornheim."
"Thornheim?"
"C'est dans les îles brisées. Il parait que le vieux Gristête y a établit une tête de pont dans le cadre de l'effort de guerre."
"Toujours des guerres..." Murmura Pharilas. "Ca en est désespérant."
"C'est de la politique." Grinça Sarlia avant d'aller voir Keina. "Keina?" L'elfe était perdue dans sa contemplation, à tel point qu'elle n'entendit rien. La chevalière noire alla lui passer la main devant les yeux pour la faire réagir:
"Keina!"
"Hein? Oui quoi?" Répondit l'elfe de sang, du tac-au-tac.
"Il t'es arrivé quoi hier? J'étais à la filoche et après à m'occuper des cadavres, j'ai rien vu."
"Ho... On était partit chercher des affaires, et on s'est fait attaquer par des worgens. Un m'a mordu."
"Un worgen?" Demanda Sarlia, incrédule.
"Oui... Sauvage." Ajouta Keina d'un air peu assuré. Elle lança un regard emplit de malaise à Pharilas. "Mais je l'ai abattu, t'en fais pas." Un silence gêné s'installa.
Sarlia fit quelques jusqu'aux cadavres et repoussa un bras qui s'était détaché vers le coeur du feu. Elle lança un regard suspicieux aux deux elfes.
"Vous vous foutriez pas de moi à tout hasard?" Keina se raidit et il sembla à la chevalière que Pharilas avait légèrement frémis.
"Absolument pas." Déclara l'elfe de la nuit. "Je pense qu'ils étaient avec les hommes de Gleen."
"Sûrement." Renchérit l'elfe de sang. La chevalière eut une mine peu convaincue. Après tout, quand on est vivant, on peut faire des choses qu'aucun mort ne peut... Sarlia se retint presque de rire et se contenta de remuer les cendres avec Effroi. Elle laissa un silence désagréable s'installer puis le brisa, faisant à nouveau sursauter les illidaris:
"Et on fait quoi du coup?"
"On attends que ce fichu temps se découvre." Répondit d'un ton apaisé Pharilas.
"Et Joe? Et nos pirates?" Continua Sarlia.
"Les derniers sont partit chercher la moitié d'équipage qui s'est enfuite. Quant à Joe, depuis l'embuscade sur le Viaduc, plus de nouvelles." Répondit Keina.
"Je proposerais d'aller à Stromgarde..." Ajouta Pharilas. "Mais c'est horriblement risqué."
"Ça se tente. Je connais quelqu'un qui pourrait nous fournir des déguisements." Déclara Sarlia, un sourire malveillant sur ses lèvres.
"Pourquoi pas." Keina descendit de son perchoir pour aller chercher les montures.

La route ne fut pas longue. A peine quelques heures à bon rythme, pas moins de sept lieux. Sarlia, pour avoir déjà séjourné en ville, connaissait une petite poterne mal gardée et très mal famée qui menait aux plus pauvres des quartiers de la ville. On cacha les montures dans l'une des étables en ruines qui n'avaient pas encore été rénovées. Quand bien même on les approcheraient, un destrier squelette et deux démons avaient de quoi se débarasser d'intrus. Une fois débarassés des montures, Sarlia alla chercher de quoi les déguiser...

"Bon, pour la dixième fois, je récapitule." Grinça Sarlia. Elle contempla Pharilas, qui était décidément mal fagoté dans la robe aussi pourpre que crasseuse qu'elle lui avait dégoté, sa capuche forçant ses oreilles à se tordres. Keina portait des protections de cuir et de mailles sinistres argémentées de chaînes. Quant à la chevalière elle-même, elle portait une robe pourpre miteuse et un capuchon pour masquer ses traits ravagés. "Donc, nous somms des... Cultistes!" Les deux elfes fire 'oui' de la tête. "Nous vénérons la Corneille d'Ombres." Continua la morte-vivante. "Et on a avec nous notre élue, une demi-démone née d'une haute-elfe. Vous vous souvenez de vos noms?"
"Puriphalus." Répondit Pharilas.
"Jarcia." Répondit Keina.
"Et moi Raheris." Conclut Sarlia. Elle avait troqué son espadon contre une bonne vieille dague, mais gardait sous sa robe une partie non négligeable de son armure.
Le trio s'enfonça dans les rues noyée sous une pluie fine mais tenace, psalmodiant des paroles en eredun et en elfique pour rester dans leur rôle. Les quartiers pauvres de la nouvelle Stromgarde étaient d'un glauque consumé. Des édifices croulants de torchis, des ruelles boueuses couvertes d'une paille puante tirant sur le gris-vert, des mendiants et des rebus de la nouvelle société de partout. Il y avait des patrouilles fréquentes, portant la livrée rouge sombre de Stromgarde. Mais Sarlia n'était pas dupe: les enfants de Gleen tenaient la ville et c'étaient leurs mercenaires qui se pavanaient sous ces tabars rouges et blanc. Keina semblait mal à l'aise, aussi la morte-vivante lui chuchota:
"Ne t'en fais pas Jarcia. Ce sont juste des humains, ils ne pourront pas te faire de mal." La chevalière repris sa position à la tête de leur minuscule procession qui se frayait tant bien que mal un chemin dans la foule compacte et aussi miteuse qu'eux.
"Pharilas." Murmura en eredun Keina. "Ta ceinture, cache-la, il y a l'insigne des illidaris en plein dessus." L'elfe de la nuit remarqua le détail et s'empressa de faire disparaître la boucle dans les plis de son imposante robe pourpre.
"Merci." Souffla-t-il en eredun.
Sarlia les mena devant ce qui semblait être un bar et y entra.
"Vas-y Puriphalus." Commença Keina. Elle ajouta, très bas: "Il y a des gens, mieux vaut pas que je rentre." L'elfe de sang s'appuya contre le mur.
"Tu es un peu idiote." Ricana en messe-basse Pharilas. "Tu es notre idole, autant te montrer non?"
"Une idole?"
"Les démons sont au centre des cultes voyons." Il ouvrit la porte et fit rentrer Keina avant de la suivre. Comment décrire en peu de mots leur malaise et leur stupeur.

Le 'bar' tenait plutôt du lupanar. Il n'y avait que quelques tables et surtout des bancs sur lesquelles de belles (ou ce qui s'en rapprochait) jeunes femmes, parfois à peine sorties de l'enfance, regardaient les clients potentiels avec de grands yeux affamés. Le sol était crasseux et son bois crissait sous chaque pas. Dans le fond, on voyait la forme encapuchonnée de Sarlia qui discutait avec la matronne.
"Et qui se charge de ces clients là?" Demanda la morte-vivante.
"La petite Yurilas là-bas." Répondit la grosse femme en montrant une toute petite jeunette aux joues couvertes de tâches de rousseur. Sarlia regarda de ses yeux rouges la femmes puis posa sur son comptoir trois belles pièces d'argent. 'Motus et bouche cousue' voulaient-elles dire. La chevalière se détourna de la matronne pour observer la mine dépitée de ses deux compagnons d'infortune.
"Qui s'en charge?" Demanda-t-elle sans complexes.
"On t'attend dehors." Répondit Keina avant de filer à l'anglaise.
"Je la rejoins, mieux vaut pas la laisser là." Ajouta Pharilas avant de tourner les tâlons. Sarlia se força à inspirer pour soupirer. Lâcheurs!
Alors que les deux chasseurs de démons allaient se poster à la sortie, Sarlia alla à la jeune Yurilas avant de poser sur ses lèvres fraiches les siennes. La jeune femme eut un mouvement de recul, mais un regard sévère de la matrone la força à jouer le jeu. La pauvre fille ne devait même pas avoir seize ans et déjà elle vendait son corps. Un temps, la morale de Sarlia la conseilla de ne rien faire que de poser des questions. Puis vint une autre voix, plus âgée, datant du mercenariat. Après tout, pourquoi ne pas vérifier si le sens du toucher d'une morte-vivante pouvait être quand même réveillé? Les deux filles, la morte et la vivante, allèrent dans l'une des chambres et fermèrent la porte à clef, se dévorant déjà d'interdites caresses...

Pharilas et Keina avaient l'estomac encore retourné par leur entrée imprévue dans la maison de passe. L'elfe de la nuit poussa sa coéquipière du milieux et ils se mirent dans un coin de la ruelle déserte.
"Étrange personne que cette Raheris." Commença à voix basse Pharilas.
"Pourquoi?"
"Comme ça." Son ton s'abaissa encore et ses doigts touchèrent le ventre couvert de bleus de Keina: "Ça va mieux? Épuisante la journée d'hier..."
"Je... m'en suis remise..." Admit Keina en sentant ses joues s'empourprer.
Ils restèrent en silence un bon moment, regardant depuis les ombres la pluie qui tombait sur la foule pouilleuse. C'est alors que Pharilas remarqua d'autres cultistes aux robes d'un rouge presque violet. D’abord un, puis deux, puis trois. Ils semblaient tous aller au bordel où était Sarlia. 'Merde' pensa l'elfe de la nuit en se tournant vers Keina:
"Il va falloir sortir la petite dame de là." Déclara-t-il à voix basse.
"Je sais... Mais il n'y a que toi qui puisse y aller."
"Et te laisser seule? Tu es folle?"
"Puriphalus vas-y, fais moi confiance."
"Restes en vie." Murmura Pharilas après un interminable soupir. Il entra à nouveau dans le bordel et commença à chercher des yeux l'escalier, restant de marbre aux avances parfois grossières des demoiselles. Il finit par trouver ce qu'il voulait et se fia a sa vision d'aura pour rapidement trouver la chambre occupée par Sarlia. Sa vision ne lui permettait pas de voir en détail derrière les murs, mais il se jura de repousser toutes les horribles blagues nécrophiles qu'il avait eut à entendre lorsqu'il remarqua l'aura d'une vivante et de Sarlia complètement emmêlées.
"Je... Sens que ça..." Miaulait presque la chevalière. Il prit une inspiration et toqua à la porte. "QUOI?!?" Hurla la morte-vivante, soudain d'une humeur massacrante.
"C'est moi..." Souffla Pharilas en se sentant étrangement coupable. Sarlia ouvrit la porte. Sa peau d'un blanc cadavérique était à nu, à part ce que la chevalière cachait avec le drap du lit qu'elle avait utilisé comme une toge. Ses yeux rouges brûlaient de rage.
"Putain vous avez encore fait une connerie?" Cracha-t-elle, exaspérée.
"Non non... Calme toi..." Murmura Pharilas en lui faisant signe de baisser le volume. L'auberge grouille de cultistes, mieux vaudrait filer.
"Bon." Sarlia soupira et lui referma la porte au nez. L'elfe de la nuit préféra pudiquement ne pas regarder, mais il entendit qu'on équipait une armure de plates et qu'on attachait une ceinture. Un merci, suivit d'un bruit de baiser, parvint à ses oreilles, puis ce fut le bruit d'une grosse bourse de pièces d'argent. Sarlia rouvrit la porte et lui lança un regard si malveillant qu'il lui rappela cette phrase entendue jadis de la gueule d'un annihilian. Qu'avait dit le lézard déjà? Une truc parlant de vertèbres enfoncées dans les orbites, ou un truc du genre... Ils sortirent rapidement, Sarlia, à nouveau sous sa capuche, se permettant un discret signe de tête à la matrone.
"Rien sur notre borgne." Murmura-t-elle alors qu'ils s'approchaient de la porte.
"Pas de nouvelles, bonne nouvelles." Répondit dans un sourire gêné Pharilas.

Dehors, deux cultistes étaient en train parler avec Keina, qui semblait se sentir très mal à l'aise.
"Que faîtes-vous là?" Demanda d'une voix autoritaire Sarlia.
"Bah... On se demandait pour quel genre de sacrifice était cette demi-démone m'dame." Répondit le plus brave -ou stupide- des deux.
"Elle n'est pas à sacrifier!" Grinça la morte-vivante qui hésitait à refroidir ses nerfs en les tuant.
"Alors mettez là au bordel au lieu de la laisser au milieu." Lui déclara l'autre cultiste.
"Ne parle pas de l'élue de la Corneille d'Ombres comme d'une vulgaire catin!" Leur hurla dessus Sarlia. "Ou c'est vous qu'on lui sacrifiera!" Les deux humains ne firent même pas mine de riposter et prirent leurs jambes à leur cou.
"Alors, qu'est-ce qu'on a?" Demanda Keina.
"Ce con m'a fait perdre mon temps et mon argent." Grinça Sarlia.
Et son orgasme... Se retint de dire Pharilas. "En bref, rien. Mais je suis inquiet que des cultistes puissent circuler en toute liberté dans les rues. La ville doit être une vraie fosse à scorpions.

On discuta de la suite des opérations. Sarlia savait où trouver l'une des dernières caches d'or de Silumgar, en espérant que le spectre ne l'ait pas déjà vidée. Pharlias voulait investir cet or dans des explosifs pour littéralement miner les plans de Gleen en déclenchant des attentats dans son fief de Stromgarde. Finalement, avant que l'aube ne se lèvre, les trois compagnons, ayant récupéré leur vrai équipement, filèrent discrètement de la cité pour regagner la baie des contrebandiers...
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